Quelques mots sur le vocabulaire de l’ONA

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Order of Nine Angles

O9A

Quelques mots sur le vocabulaire de l’ONA

 

Editorial Note: We reproduce here the introduction to a recent French translation of the O9A’s Glossary of Order of Nine Angles Terms (version 3.07 dated 123 Year of Fayen, and available in English as a pdf here), and which introduction makes several interesting (and also esoteric) points overlooked by latter-day satanists in particular and by O9A detractors in general.

 

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Quelques mots sur le vocabulaire de l’ONA

Ainsi que précisé dans la note introductive ci-dessous, l’Ordre des Neuf Angles possède un lexique propre, susceptible de dérouter le lecteur. La manipulation du vocabulaire et de la syntaxe est en effet l’un des traits saillants de la démarche de l’ONA depuis ses origines. Elle prend plusieurs formes :

  • le recours à des tournures ou des formes nominales archaïques, à l’étymologie plus ou moins obscure (ex. : Rounwytha, Thernning, Kunnleik etc.) marquant l’ancienneté et le caractère indigène européen de la Tradition à laquelle l’Ordre se rattache ;
  • le « détournement » de certains concepts (ex. : Wyrd, dont l’acception diffère un peu de ce à quoi elle se réfère dans la tradition nordique) visant à les intégrer à son propre système ;
  • la reprise constante de concepts initialement développés par David Myatt, bien que ce dernier n’ait jamais confirmé ses liens avec l’O9A ni qu’il était Anton Long (ex. : Pathei-Mathos, Anados etc.) ; cela génère un enrichissement constant du vocabulaire propre à l’ordre auquel s’ajoutent par ailleurs les créations de ses « jeunes pousses » lorsqu’elles sont validées par la vieille garde (ex. : Drecc…) ;
  • la création de mots-valises nouveaux (ex. : Balobians) ;
  • l’utilisation de mots étrangers qui renvoient implicitement à un environnement intellectuel particulier (ex. : Opfer, Übermensch etc.) ou à des faits ou actions précis (le plus emblématique est l’utilisation du mot arabe « Nasrani » pour désigner les chrétiens, clin d’œil simultané à l’engagement islamiste passé de Myatt et à l’insight role djihadiste conseillé par l’O9A) et qui constituent autant de marqueurs idéologiques forts et de stimuli pavloviens pour le lecteur ;
  • la modification délibérée de la syntaxe de certains mots (ex. : « subserviance » au lieu de « subservience » – cf. The Satanic Letters of Stephen Brown, lettre du 07/09/1990), utilisée aussi bien pour signifier l’appartenance de l’auteur d’un texte à l’O9A que pour entretenir le doute quant au fait qu’une seule personne se cache derrière le pseudonyme d’Anton Long et que cette personne est David Myatt (Anton Long pourrait être un pseudonyme utilisé collectivement et la théorie de l’identité Myatt/Long repose largement sur les analyses lexicographiques  [1]).

Ce jeu avec les mots est une démarche totalement et ouvertement assumée : « à l’époque où nous tapions nos lettres à la machine à écrire, il arrivait que certaines d’entre elles comprennent un mot orthographié de façon inhabituelle ou des fautes de syntaxe délibérées. Les tournures grammaticales employées étaient parfois curieuses également. Ceux qui étaient incapables de dépasser la forme (les mots, la syntaxe etc.) pour voir l’essence (toujours clairement présente dans ces correspondances) prouvaient ainsi évidemment leur absence de valeur : leur compréhension des choses était corsetée par les normes de leur temps, par leurs préjugés, par la société ou je-ne-sais-quoi. » [2]

L’emploi de nouveaux mots ou de mots connus d’une façon extrêmement particulière est par ailleurs conçu par l’O9A comme un moyen, imparfait, de dépasser les limites du langage causal et son incapacité à décrire les réalités a-causales. Ce point est longuement développé dans Concerning Esoteric and Exoteric Languages (Anton Long).

À chaque entrée, est indiqué le terme originel entre crochets. Par ailleurs, il faut savoir que plusieurs traducteurs de l’ONA cohabitant dans la francophonie, leurs choix divergent parfois quant à la traduction d’un terme ou d’une formule. C’est le cas par exemple pour « Sinister » qui signifie à la fois « sénestre » et « sinistre ». Nous avons ici opté pour « Sénestre » qui renvoie à la Voie de la Main Gauche, mais d’autres préfèrent la traduction plus agressive de « Sinistre ».

Notes:

[1] C’est, entre autre, sur cette base que N. Goodrick-Clarke et J. Senholt s’appuient pour affirmer que Diablerie: Revelations of a Satanist est bien l’autobiographie d’Anton Long et que ce dernier et Myatt ne font qu’un (cf. Richard Parker, A Skeptic Review of Diablerie, 2012, rév. 2013).

[2] DarkLogos9, Defending The ONA (c. 2005).

[3] « Sous-homme ».

[4] Également appelés « Balo-Bohemians » (du vieil Anglais “Balo” signifiant sinistre/sénestre/sombre – on le retrouve dans certains mots comme “balocraft” désignant une forme de sorcellerie – et Bohemians/Bohémiens) – cf. Guide to the Kulture and Sinister Ethos of the ONA, 2010.


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